Retour sur le Forum de l’OCDE – 31 mai & 1 juin 2016 #OECDwk – AdaWeek x PART 2

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Une partie de l’équipe de l’AdaWeek était présente la semaine dernière au forum de l’OCDE. Nous vous proposons ici un résumé des discussions, tables-rondes, auxquelles nous avons eu le plaisir d’assister au forum, avec les idées et les questionnements clé illustrés par quelques tweets.

Cet article est le deuxième d’une série consacrée au Forum de l’OCDE. Dans un premier article, vous trouverez une brève présentation de l’OCDE et de leur travail, ainsi qu’un résumé de deux tables-rondes consacrées à la place des femmes dans l’économie et les STEM.  Si vous ne l’avez pas encore lu, n’hésitez pas, ça risque de fortement vous intéresser 😉 Aujourd’hui, on parle économie & inclusion numériques, algorithmes, intelligence artificielle & données.

  • L’économie numérique et le rôle des gouvernements : réglementer l’économie numérique pour assurer sa pérennité, favoriser l’innovation et redistribuer la richesse.

2013 a été un point de bascule. C’est l’année qui a marqué notre entrée dans l’économie numérique, nous rappelle Andrew Wyckoff, directeur du département Science, technologie et innovation de l’OCDE. Cette mutation de l’économie, devenue immatérielle, redessine son architecture, jusqu’alors caractérisée par des frontières nationales, avec l’usage d’Internet et le phénomène de décentralisation.

Si l’économie numérique promet de stimuler l’innovation et d’accroître la productivité, elle met aussi au défi les décideurs politiques en termes de régulation.

Il s’agit pour les gouvernements de faire preuve de proactivité sur ces sujets afin d’assurer une juste redistribution des bénéfices que peut apporter le numérique.

Car pour Jacques Bughin, directeur du McKinsey Global Institute, qui entame la table-ronde, nous n’en sommes qu’au début de la transformation numérique de l’économie et des entreprises.

A cet égard, il note que bon nombre d’entreprises sont encore très « immatures » sur la question et peinent à « absorber » le numérique au sein de leur organisation. Ce constat est d’autant plus alarmant qu’il estime que les technologies numériques ont encore un fort potentiel disruptif sur les chaînes de valeur.

Face à cette mue numérique incarnée par l’apparition de nouveaux business models, Geoff Mulgan, directeur général de l’organisme de bienfaisance National Endowment for Science Technology and the Arts (Nesta) au Royaume-Uni, appelle à des réponses plus rapides en termes de régulation face au risque d’une répartition inégale des bénéfices.

Andrés Gomez-Lobo, ministre chilien des Transports et Télécommunications, abonde dans le même sens : les politiques publiques et les instruments de régulation économiques doivent être repensés à l’ère du numérique afin d’éviter toute forme d’inégalités.

En effet un peu plus tôt, lors de la session précédente, le panel de la table-ronde sur « Productivité & croissance inclusive » met en lumière que la transformation numérique n’est pas nécessairement synonyme de hausse de la productivité et de la croissance. 

Pour répondre à ces enjeux, les gouvernements sont appelés à jouer un rôle primordial. C’est ce qu’affirme le coréen Sang Woo Kim, président des Affaires générales de Samsung Electronics Europe. Il rappelle que c’est grâce à l’action du gouvernement coréen que son pays, « pauvre dans les années 1950 est devenu le plus innovant aujourd’hui ».

Un gouvernement proactif, c’est une posture qu’incarne fortement la secrétaire d’Etat au numérique Axelle Lemaire et qui l’a démontré lors de cette table-ronde.

Pourquoi est-ce que le rôle de l’Etat est aussi important ? Pour réguler (vous l’aurez deviné, c’est le maître-mot de cette table ronde). La disparition de l’Etat annoncée par l’avènement de la société numérique, elle n’y croit pas. Elle ne croit pas non plus à un débat binaire qui opposerait les pro et les anti-innovation, faisant écho à l’enquête que mène l’Etat français depuis un an sur Google pour fraude fiscale aggravée, à nouveau médiatisée par les perquisitions qui ont eu lieu au siège social du géant américain à Paris le 24 mai dernier.

Car selon Axelle Lemaire, réguler à l’international, dans un contexte où « la valeur économique actuelle réside dans la donnée », est nécessaire pour encadrer la compétition, le système de taxation et la protection des usagers : « plus les données sont ouvertes, circulent, plus de valeur est produite ». Dans le même esprit, Geoff Mulgan souligne la nécessité d’un dialogue entre les entreprises et les Etats sur les données collectées pour trouver un consensus sur ces réglementations tandis qu’Andrew Wyckoff invite les gouvernements à repenser leurs politiques fiscales : « les politiques devraient plus s’intéresser au lieu où la valeur est délivrée aux consommateurs plutôt qu’au lieu où elle est stockée ».

Ainsi, par la régulation, le rôle de l’Etat ne freine pas l’innovation, au contraire affirme Axelle Lemaire ! Si la France soutient la dynamique des start-up innovantes dans le numérique – la « French Tech » –  sur son territoire et choisit d’ intervenir fortement via la régulation, c’est dans la perspective d’assurer la pérennité de l’économie numérique, en établissant une compétition juste et un environnement de confiance. Car pour la secrétaire d’Etat, sans confiance, sans « intimité numérique », l’économie numérique court à sa perte.

C’est un positionnement qui fait écho au discours d’ouverture du secrétaire général de l’OCDE Angel Gurría.

L’Etat permet aussi de veiller à l’aspect inclusif de l’économie numérique : englober l’ensemble des territoires et des personnes quel que soit leur âge, leur origine sociale et leurs capacités physiques et intellectuelles : « nous devons préserver la diversité à l’ère numérique » déclare Axelle Lemaire.

Comment y parvenir ? Les gouvernements ont besoin d’être plus flexibles, agiles, adaptables, « d’anticiper, d’écouter et d’être ouvert à l’innovation » à l’image de la loi sur la République numérique se targue Axelle Lemaire.

Les gouvernements doivent également investir énormément dans l’éducation affirme Geoff Mulgan. Si les enfants doivent apprendre à se servir des outils numériques, il est aussi nécessaire de leur donner des clés de compréhension pour analyser l’environnement numérique dans lequel ils évoluent afin d’éviter qu’ils ne deviennent des consommateurs passifs, juge Axelle Lemaire.

C’est un point central selon la secrétaire d’Etat au numérique : si une meilleure redistribution des richesses à l’échelle internationale n’est pas assurée, c’est un accroissement de la pauvreté auquel il faut s’attendre.

Elle conclut cette table-ronde en affirmant qu’à cet égard, le numérique est une formidable source d’outils pour mener à bien cette « formation collective ».

 

  • Le rôle et l’impact des #algorithmes dans notre société

 Une excellente table-ronde où l’on parle éthique concernant la protection de la vie privée mais aussi d’un point de vue économique, en termes de compétition & de taxation, tout comme dans la table-ronde précédente.

Pour débuter cette table-ronde, Pedro Domingos, Professeur d’informatique à l’université de Washington et auteur de l’ouvrage The Master Algorithm (Basic Books, 2015) constate qu’une majorité de personnes ne soupçonnent même pas la place prépondérante des algorithmes dans notre quotidien et leur impact croissant sur l’économie dans les années à venir.

Les algorithmes sont partout, dans tous les secteurs même dans les low techs, dans l’agriculture par exemple note Christian Reimsbach – Kounatze, économiste et analyste à l’OCDE. Pour Anindya Ghose, Professeur de sciences de l’information et de management à l’Université Stern School of Business à New York, c’est dans le secteur de services de santé que les algorithmes ont de beaux jours devant eux avec les objets connectés et autres services portables.

La journaliste Madhumita Murgia, à la tête du département Technologie du quotidien britannique The Telegraph met ensuite rapidement en lumière les préoccupations éthiques autour des algorithmes, notamment celle d’un possible parti-pris. En réponse, Pedro Domingos affirme que c’est mathématiquement impossible. S’il y a parti-pris, il faut plutôt regarder du côté du data scientist ou dans le choix de la data. Car un algorithme sans données est comme une coquille vide.

« They don’t have to be perfect, just better than humans without algorithms » Pedro Domingos

Se pose très vite alors la question de la responsabilité.

Pour Christian Reimsbach – Kounatze, cela ne sert à rien de blâmer les algorithmes. Il convient plutôt de s’intéresser à ceux qui les contrôlent [GAFA pour ne pas les nommer], qui collectent les données concentrant ainsi le pouvoir, pouvant freiner l’innovation.

A propos des données, Gareth Mitchell rappelle que les services « gratuits » que nous utilisons quotidiennement  ne le sont pas tant que ça car les « données sont notre monnaie ». A ce propos, Madhumita Murgia déclare d’un ton mi-amusé, mi-sérieux qu’elle aimerait être payée pour les données qu’elle produit !

Une régulation devrait être mise en place pour régler cette asymétrie au risque de créer une fracture numérique, entre ceux qui contrôlent les algorithmes et les consommateurs passifs souligne Christian Reimsbach – Kounatze. Mais être conscient de ce risque n’est pas suffisant, il est important que chacun apprenne à utiliser ces algorithmes, à acquérir les compétences nécessaires pour nous protéger. Cette question d’éducation incombe aux gouvernements, garants d’un certain équilibre pour que chacun puisse bénéficier des retombées générées par les algorithmes., renchérit-il.

Pedro Domingos abonde dans le même sens : « le savoir est le pouvoir, c’est à nous de prendre le pouvoir ». Selon lui chacun devrait posséder son propre algorithme et ne pas attendre que les gouvernements nous redistribue le pouvoir.

Toutefois, pour Christian Reimsbach – Kounatze, c’est davantage la question de l’accès, plutôt que celle de la propriété, qui est centrale. Une question qui ne pourra pas se faire sans les gouvernements et les systèmes éducatifs d’autant plus qu’un autre risque se profile : celui d’un système unique. C’est un tort selon lui de parler par exemple de l’intelligence artificielle car la diversité par la création de plusieurs modèles est vitale pour éviter toute forme de monopole.

A ce propos, endossant le rôle d’un véritable garde-fou social, la journaliste Madhumita Murgia évoque la compagnie britannique Deep mind, achetée par Google en 2014 dont l’ambition est de créer une intelligence artificielle avancée. C’est leur algorithme AlphaGo qui a battu le champion européen de go en octobre 2015. Elle s’inquiète du moment où l’intelligence artificielle dépassera l’intelligence humaine, lorsque nous ne serons plus en mesure de comprendre leurs décisions.

Face à elle, Pedro Domingos invite à dépasser la vision binaire, confrontationnelle des algorithmes, à savoir si les algorithmes sont la solution à nos problèmes ou s’ils vont en créer davantage. Il convient plutôt de les créer au regard de la société que nous voulons construire aujourd’hui et pour demain.

A cet égard, il souligne le pouvoir entre les mains des scientifiques, des développeurs : « le code est une sorte de loi : les codeurs deviendront des avocats » évoquant ainsi leur responsabilité sociétale.

On espère que cet article vous a donné quelques clés de compréhension supplémentaires pour comprendre certains enjeux du numérique. N’hésitez pas à commenter pour nous donner votre point de vue :)

Retour sur le Forum de l’OCDE – 31 mai & 1 juin 2016 #OECDwk – AdaWeek x PART 1

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Une partie de l’équipe de l’AdaWeek était présente la semaine dernière au forum de l’OCDE. Nous vous proposons ici un résumé des discussions, tables-rondes, auxquelles nous avons eu le plaisir d’assister au forum, avec les idées et les questionnements clé illustrés par quelques tweets.

  • L’OCDE, qu’est-ce que c’est ? Avant de vous en dire davantage, plantons le décor !

L’OCDE est l’Organisation de Coopération et de Développement économique. Créée en 1960, l’OCDE succède à l’Organisation Européenne de Coopération Economique (OECE) fondée en avril 1948 qui visait à coordonner les activités économiques des Etats européens ayant accepté de bénéficier de l’aide américaine du plan Marshall après la Seconde Guerre mondiale.

Fondée sur la coopération multilatérale entre les nations et les gouvernements, l’OCDE regroupe à ce jour 34 membres, les pays les plus développés et industrialisés de ce monde, et siège à Paris au château de la Muette dans le 16e arrondissement.

Sa mission est de « promouvoir les politiques qui amélioreront le bien-être économique et social partout dans le monde » comme l’illustre son slogan : « Des politiques meilleures pour une vie meilleure ».

Comment ? Par la mesure, l’analyse et la comparaison de données afin de dégager les tendances et les perspectives à venir dans de nombreux domaines : économie, éducation, santé finance, gouvernance, environnement, innovation, sciences & technologies pour n’en citer que quelques-uns. Par son travail de recherche de documentation, de production d’études, d’analyse, de statistiques, de prévisions publié sous forme de rapports, l’OCDE recommande des politiques et établit des normes internationales concernant ses pays membres. Les rapports de l’OCDE constitue ainsi une référence pour l’ensemble des acteurs bien qu’il faille garder à l’esprit que ce travail s’accompagne nécessairement d’un positionnement, en faveur d’une doctrine économique et politique (plutôt libérale en l’occurrence), et d’un discours concordant.

« Ensemble, nous œuvrons toujours au même but : bâtir un monde plus fort, plus sain et plus juste. »

Chaque année, l’OCDE organise un forum afin de rassembler l’ensemble des acteurs gouvernementaux et non-gouvernementaux : ministres et présidents, entreprises, représentants de syndicats, universitaires, journalistes membres de la société civile, autour de thématiques larges. C’est l’occasion de stimuler la réflexion, de partager ses expériences et de trouver des solutions à des problèmes communs.

En 2016, le thème du forum s’intitule Renforcer la productivité et promouvoir une croissance inclusive et durable. « Renforcer la productivité » c’est avant tout reconsidérer la notion de productivité : en effet, que signifie-t-elle à l’ère de l’économie numérique ? Quels sont en effet les impacts des technologies numériques sur la notion de travail et de productivité ? « Promouvoir une croissance inclusive », c’est la volonté de se préoccuper de l’emplois des jeunes et des seniors, des disparités économiques femmes-hommes ou encore de l’intégration économique des migrants dans une perspective « durable ».

Cette année, le ‪numérique a une fois de plus une place de choix dans la programmation du forum puisque l’ innovation et l’économie numérique sont un des piliers du forum.

Sachez que vous pouvez retrouver une partie des tables-rondes enregistrées sous forme de podcast sur le site de l’OCDE et sur leur chaîne Youtube.

C’est aussi l’occasion de (re)lire l’excellent article de Charlotte de Broglie, CEO & fondatrice de FTF – ForTheFuture sur la nécessaire réflexion éthique sur le numérique, dans le Yearbook 2016 publié à l’occasion du forum aux côtés de José Ángel Gurría et d’Axelle Lemaire pour la France.

  • Les femmes et l’avenir des stem : une question qui gagne en visibilité

Notre cœur de sujet chez AdaWeek !

Si comme nous, vous êtes au fait de cette question et si vous lisez attentivement ce que nous publions sur nos réseaux, cette table-ronde ne vous apportera pas grand chose de nouveau dans la réflexion. Mais ce qu’on apprécie, c’est qu’elle a le mérite d’exister au sein de la programmation du forum. A l’initiative de la secrétaire générale adjointe de l’OCDE Mari Kiviniemi, elle permet ainsi de sensibiliser davantage et surtout de donner de la visibilité à cette thématique.

Ronnie L. Goldberg, chef de la direction du United States Council for International Business (USCIB)  rappelle que si la place des femmes dans les STEM est une question de « justice » et de « droit » en premier lieu, il s’agit aussi et surtout d’une question économique.

Alejandra Sepulveda, directrice de Comunidad Mujer rappelle également que la sous-représentation des femmes dans les STEM n’est pas liée à des aptitudes inhérentes mais davantage à la confiance en soi, à l’éducation, à des stéréotypes genrés et aux attitudes que l’on transmet. C’est donc un problème culturel auquel s’attaque son organisation au Chili qu’elle nous présente ainsi que l’initiative #hazquelasninaspueden.

Vient ensuite la question des quotas. Pour Alexandra Sepulveda, s’ils ne représentent pas une solution à long terme, ils restent un outil pour assurer la transition. En ce sens, son organisation soutient la mise en place de quotas obligatoires dans son pays.

Pour Olivier Crouzet, directeur des études à Ecole 42, école privée d’informatique, les quotas ne sont pas très utiles : « s’il y avait des quotas, le résultat serait des chaises vides car les filles ne postulent pas assez ». Le problème est donc selon lui en amont.

La femme d’affaires japonaise Haruno Yoshida, personnage haut en couleur abonde dans ce sens. Il faut avant tout donner envie aux jeunes filles de se lancer dans les STEM: « mettons la lumière sur des role models et célébrons-les ! » notamment dans les médias.

Mais susciter des vocations ne règle pas tout. Il faut ensuite s‘assurer que les femmes s’intègrent dans les entreprises qu’elles rejoignent. Tous s’accordent pour dire que beaucoup de choses restent à faire pour changer la culture au sein de l’entreprise mais aussi dans les foyers afin que l’équilibre entre la vie professionnelle et la vie privée soit assurée pour chacun-e.

A ce sujet, Haruno Yoshida est très optimiste : elle pense que le monde numérique est une « industrie favorable aux femmes » et une « énorme opportunité  »  car son aspect immatériel permet beaucoup de flexibilité.

  • Mettre un terme à l’écart femmes-hommes dans l’économie : le défi lancé par le G20

En 2015, le G20 lance l’opération W[omen]20, un sommet consacré à l’égalité des sexes et à l’émancipation des femmes dans l’économie. Les sommets W20, dont le premier s’est tenu en octobre 2015 à Istanbul en Turquie, ont pour objectif d’émettre des recommandations pour les gouvernements afin de réduire l’écart du taux de participation au travail entre les femmes et les hommes. Le G20 s’est fixé pour objectif de réduire cet écart de 25% d’ici 2025.

Si la question de la participation des femmes dans l’économie mondiale se fait pressante, encore beaucoup de gouvernements et d’entreprises peinent à implémenter des politiques efficaces.

Un point que la présidente du Chili Michelle Bachelet n’a pas manqué de souligner dans son discours :

Comment parvenir à atteindre l’objectif fixé par le G20 ?

Yoon-Sun Cho, ancienne ministre pour l’égalité des sexes et de la famille en Corée entame la table-ronde en affirmant que pour résoudre cette équation, un positionnement et la mise en place d’actions dans les plus hautes strates des gouvernements est nécessaire pour accélérer la donne, à l’image de son travail dans le gouvernement coréen ou plus récemment à celle du positionnement du premier ministre canadien Justin Trudeau en la matière.

La meilleure façon d’atteindre l’objectif pour Farah Mohamed, fondatrice et directrice de G(irls)20, consiste à identifier les obstacles (propriété, mobilité, etc) et à les dépasser à travers la législation, identifier les meilleures pratiques dans les pays de l’OCDE pour les adapter aux autres pays.

Arancha Gonzales, directrice exécutive de l’International Trade Centre (ITC) qui a pour mission de donner les moyens aux pays développés de réduire la pauvreté, abonde dans ce sens. Elle souligne que les femmes ne participent pas autant que les hommes dans le commerce. Son organisation a lancé en 2015 l’opération #shetrades qui a pour objectif, avec l’appui de nombreux partenaires, de connecter 1 million de femmes entrepreneuses au marché d’ici 2020 grâce à une application mobile : « s’engager n’est pas assez, il faut agir », affirme-t-elle. Le numérique avec notamment les services en ligne sont à ce titre, une énorme opportunité pour connecter les femmes au marché.

Il s’agit aussi de changer les comportements, les parti-pris liés aux stéréotypes genrées en entreprise. Pour cela, le secteur privé peut s’appuyer sur les Principes d’autonomisation des femmes, rappelle Farah Mohamed, qui leur fournissent des instructions pratiques sur les manières de concrétiser l’autonomisation des femmes au travail, pour revoir leurs politiques et pratiques existantes, ou à en établir de nouvelles, au sein de leur organisation.

Ce travail, certaines entreprises l’ont déjà entrepris à l’image de l’entreprise française Sodexo représenté au sein du panel par la directrice générale Janet Awad au Chili.

Une autre question centrale à ce débat :  comment engager les hommes au niveau politique, de l’entreprise et familial ? Une personne dans l’audience souligne à ce propos qu’il n’y a pas d’homme présent dans le panel, révélateur ?

L’ancienne ministre coréenne Yoon-Sun Cho partage son expérience sur ce sujet. En 2014, son ministère pour l’égalité des sexes met en place différentes incitations visant à changer les mentalités au sein des entreprises : augmenter la part des femmes de 10% dans les comités de direction, encourager les femmes et les hommes à prendre leur congé maternité et paternité sans craindre d’être discriminé en donnant des « points » à ceux qui les prennent. En 2 ans, le ratio des femmes obtenant une promotion est passé de 15 à 30% et davantage d’hommes ont pris leur congé paternité. Les employés ont aussi remarqué que les comportements de leur hiérarchie avait évolué dans le bon sens. A ce sujet, Farah Mohamed est convaincue que la question du congé parental peut faire évoluer grandement les mentalités. En ce sens, le langage a son importance :  il faudrait parler de congé « parental » plutôt que de congé « maternité » ou « paternité » selon elle.

Créer un environnement culturel favorable autant aux femmes qu’aux hommes est donc la priorité notamment à travers de forts signaux de la part des gouvernements pour accompagner l’évolution des mentalités. Ce thème a été débattu plus en profondeur lors de la discussion « Carrières inégales » .

Toutefois, à l’issue de la table-ronde, et ce malgré un panel brillant et pour le moins énergique, l’audience n’est pas convaincue que le G20 pourra tenir son engagement :

Dans le même esprit de ces deux tables-rondes, nous vous invitons à partager cet article afin de sensibiliser votre entourage à cette question et peut être faire mentir la majorité de l’audience d’ici 2025 😉

Retour sur le OuiShare Fest #OSFEST16 – 18 au 21 mai 2016

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Partenaire de l’événement, l’équipe de l’AdaWeek s’est rendue cette année au OuiShare Fest à Paris. Retour sur cet événement, présenté comme la grande messe de l’économie collaborative, à travers notre expérience !

Le temps mitigé du mois de mai n’a pas réussi à entamer la forte énergie qui anime le OuiShare Fest qui s’est tenu une nouvelle fois cette année au Cabaret Sauvage à Paris du 18 au 22 mai.

Ouishare, ONG fondée en 2012 se définit comme  « une communauté, un accélérateur d’idées et de projets dédié à l’émergence de la société collaborative: une société basée sur des principes d’ouverture, de collaboration, de confiance et de partage de la valeur ». Le OuiShare Fest est dès lors l’occasion chaque année de  rassembler les acteurs venus de tous horizons (entrepreneurs, chercheurs, intellectuels, acteurs politiques, etc.), de stimuler les discussions et les débats, de rapprocher les intervenant-e s et les participant-e-s autour de thématiques phares. En somme, d’apprendre, de s’inspirer, de débattre voire de lancer des projets ensemble.

Si le thème de l’an dernier « Lost in transition » traduisait un certain « désenchantement » de l’économie collaborative, les organisateurs du festival ont décidé cette année de donner un coup d’accélérateur :

« Il est temps de tirer les enseignements des années passées et de trouver des moyens d’actions, pour réinventer nos manières de travailler et de faire société » affirme Francesca Pick,  responsable du programme.

Le thème de cette 4ème édition –  « After the gold rush » – révèle donc une forte volonté de se réinventer.

« Aujourd’hui, ce qu’on nomme économie collaborative est davantage une force de mise en réseau, d’horizontalisation de certains pans de l’économie. Ça se dissémine dans des entreprises plus traditionnelles. Ce qui semblait une singularité ne l’est plus. Le concept va perdre sa différence et se dissoudre. » (Arthur de Grave, co-fondateur de Ouishare)

Et pour ce faire, le programme concocté avait pour objectif d’« aller chercher les signaux faibles, voir ce qu’il y a au sein de ce concept en décomposition ! » affirme Arthur de Grave et de « donner aux participants des clés pour agir, avec notamment des parcours possibles autour de la transition écologique, personnelle ou professionnelle » ajoute Francesca Pick.

« Because after the gold rush is the moment for action. »

 Pari réussi ?

Ce positionnement est en réalité la première force du festival : assumer de remettre en question le concept de l’économie collaborative, ce qui rassemble et fait l’identité de la communauté en premier lieu.

Parmi les différentes thématiques, certains sujets ont retenu davantage notre attention. En voici une sélection illustrée par des tweets !

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  • Représentations & stéréotypes 

Les stéréotypes, on vous en parle beaucoup chez AdaWeek : ce n’est donc pas un hasard de retrouver cette question au OuiShare Fest! Des représentations genrées aux stéréotypes culturels de l’entrepreneur « super-héros », plusieurs talks s’emparent du sujet dont l’excellent mené par Nilofer Merchant qui déconstruit le mythe de la Silicon Valley.

  • Blockchain

Un sujet phare et transversal de cette édition et susceptible d’intéresser nos lect·eur·rices plutôt branché·e·s technologie numérique.

La blockchain, c’est une technologie pleine de promesses pour reconfigurer nos modes d’interactions, et ce de manière décentralisée. Elle pourrait ainsi considérablement modifier les secteurs économiques et politiques en remodelant nos modes de gouvernance et de collaboration. Ainsi, il est aussi nécessaire de s’interroger sur cette technologie, ses usages et son impact.

  • The Future of Work 

Aujourd’hui une forte vague secoue le marché du travail et celui des compétences, mais sommes-nous prêt·e·s à travailler dans la nouvelle ère post-industrielle qui s’ouvre devant nous ? Diana Filippova a ouvert la thématique sur le future du travail avec un panel de choc : Tim Leberecht, Esko Kilpi et Nilofer Merchant. Les messages sont que nous avons besoin de (re)donner du sens à ce que nous faisons et à retrouver toute l’empathie nécessaire pour remettre le romantisme au cœur de l’économie, comme le dit si bien Tim Leberecht.

  • Relation aux machines 

Dans la continuité du futur du travail, l’automatisation et l’intelligence artificielle sont les changements majeurs de notre siècle. Après avoir parlé de la ville intelligente et contributive, intervention remarquable de Mara Balestrini sur l’interaction Humain-Ordinateur, il a été question de la relation Homme / Machine. S’il est quasi sûr que le robot sera toujours plus intelligent que l’Humain, le rôle de l’Homme est de briller par son intelligence émotionnelle et de se recentrer sur les vrais valeurs ancestrales de partage, d’empathie et de solidarité.

Le OuiShare Fest, c’est aussi une excellente organisation dans le superbe cadre du Cabaret Sauvage. Les formats qui rythment les journées sur la scène principale sont très dynamiques et il vous est même possible de les suivre en live en streaming.

L’espace à la fois en intérieur et en extérieur est bien agencé, aménagé en différents spots qui permettent d’interagir facilement avec la communauté et les autres participant·e·s. Après chaque talk, ces derniers sont invités s’ils le souhaitent à rejoindre les intervant·e·s sur la terrasse pour continuer la discussion de façon plus informelle.

Parmi ces différents espaces, certains sont dédiés à la sensibilisation et à la médiation sur des sujets précis. D’autres permettent de rapprocher les acteurs autour de projets innovants et collaboratifs.  Durant la journée du samedi, ouverte au grand public, l’espace OuiShare Village présente collectifs et associations tandis que celui du OuiShare Fest Forward accueille des porteurs de projets open source auxquels les participant-e-s sont invité-e-s à se joindre pour les développer ensemble.

Il y a même une tour pour recharger vos appareils grâce à l’énergie solaire (qui m’a personnellement sauvé la mise en fin de journée), il semble qu’ils aient pensé à tout !

Ces trois jours ont été pour nous une inspiration très forte et nous remercions toute l’équipe de OuiShareFest 16 de nous avoir permis de vivre cette aventure ! Nous espérons vous voir nombreu·ses·x l’année prochaine !

 

Retour sur le Forum Jeunes Femmes & Numérique à Paris #JFNum – 20 mai 2016

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Une partie de l’équipe de l’AdaWeek était présente vendredi 20 mai au forum Jeunes Femmes & Numérique organisé à Paris par l’association Social Builder pour la troisième année consécutive. Retour sur cette journée consacrée aux jeunes femmes, professionnelles ou jeunes diplômées du monde du numérique qui vise à accélérer leur carrière et susciter des vocations.

En découvrant un salon Vianey (Gare de Lyon, Paris) plein à craquer en milieu de matinée, on mesure déjà le fort succès de cet événement. Et ce, en raison d’une programmation riche pour quiconque souhaite franchir le pas dans le monde du numérique et entamer un parcours professionnel : conférences, tables-rondes, ateliers de mentorat, tout est réuni pour repartir avec de précieux conseils pour se lancer !

Les différents formats permettent aux participant-e-s, dans un premier temps, de saisir les multiples dimensions de l’impact du numérique dans l’économie au-delà, par exemple, de la question des nouveaux entrants, ces nouveaux acteurs qui font figure de proue au sein de l’économie numérique. En effet, les secteurs traditionnels, et notamment le secteur industriel, effectuent eux aussi leur mue numérique pour rester compétitif. C’est le thème de la première conférence de la journée : Les leaderships à l’ère du numérique.

Les intervenants qui représentent à la fois les grand groupes (General Electrics, Engie), le secteur public (mairie de Paris) et la dynamique des start-up (FrenchTech) nous éclairent sur les mutations que connaissent leur secteur à l’ère du numérique : transformations organisationnelles en interne et nouvelles stratégies économiques à travers une nécessaire intégration de leur structure dans un nouveau écosystème innovant porté par les start-up. Ces transformations impliquent de développer de fortes capacités d’adaptation, de flexibilité, d’agilité au sein de l’entreprise. Elles sont aussi autant d’opportunités en terme d’emplois : les grands groupes ont besoin d’ « intrapreneurs » pour mener la transformation numérique de leur entreprise. C’est un clair message envoyé à l’auditoire.

Car le forum Jeunes Femmes et Numérique se présente comme un « accélérateur des startups et des carrières des femmes ». Animé par un réseau de partenaires (associations, écoles, entreprises, incubateurs) répartis sur de multiples stands, le forum propose également des offres de formation professionnelle, d’emploi et permet de développer son networking.

Cette journée est un réel moment de transmission, de partage d’expériences, d’accompagnement et de conseils pratiques pour comprendre les enjeux et les pratiques à la croisée du monde du numérique et de celui des affaires. A travers des sessions de mentorat individualisées avec des expert-e-s, des talks pour aller plus en détails sur certains sujets tels que la culture de l’entrepreneuriat ou encore des conseils de professionnels (investisseurs, chefs d’entreprises, juristes) dans le cadre du Start-up Lab, le but est de donner aux participant-e-s des « tips », les « dos et les don’t » selon les mots d’Emmanuelle Larroque, fondatrice et directrice de Social Builder.

Par exemple, lors de la table-ronde sur les leviers d’internationalisation des start-up, les intervenant-e-s soulignent qu’il est important avant tout de relever les obstacles qui peuvent se dresser lors de la transposition d’un modèle économique conçu pour le territoire français sur un marché étranger (le problème de la langue, les spécificités culturelles de chaque pays auxquelles le produit doit être adapté, les freins juridique et financier) et de trouver des solutions pour les dépasser avant d’entamer un processus d’internationalisation. Il faut avant tout insuffler l’esprit international à l’entreprise à travers organisation, acculturation et management.

Lors des « Power Prez », l’interactivité, au coeur du format, permet d’échanger davantage avec les expert-e-s autour des enjeux d’avenir des technologies numériques sur des sujets très ancrés dans l’actualité tels que les foodtech, l’open et la big data ou encore l’intelligence artificielle.

A cet égard, les ateliers et les tables-rondes en après- midi permettent de rentrer dans le cœur des sujets avec des sessions d’apprentissage au code informatique, des expériences de réalité virtuelle ou avec des robots. 

Au-delà de la qualité des intervenant-e-s, ce qu’on retient surtout de cette journée, c’est avant tout l’ambiance bienveillante visant à encourager les jeunes femmes à « oser » construire une carrière professionnelle dans le numérique.

Et vous, vous vous lancez quand ? 😉

Les prochains forums Jeunes Femmes & Numérique se tiendront à Lyon en septembre et à Bordeaux en décembre 2016. Vous pouvez d’ores-et-déjà vous inscrire sur le site. En attendant, n’hésitez pas à découvrir les nombreuses initiatives menées par Social Builder telles que le Programme Etincelles, un programme d’accompagnement des jeunes femmes vers les métiers du numérique et l’entrepreneuriat.

Programme#Etincelles

Gender Balance – When Men Step Up @ OCDE – 01 avril 2016

Une partie de l’équipe AdaWeek était présente à l’OCDE à Paris le 1er avril 2016 pour le lancement du livre Gender Balance – When men step up, paru le 4 avril dernier aux éditions Eyrolles. La version française Mixité, quand les hommes s’engagent est quant à elle disponible en librairie depuis le 5 mars 2015.

Cet ouvrage didactique se veut être un guide pratique destiné en premier lieu aux hommes, dirigeants et managers, au sein des entreprises afin de les sensibiliser et des les inclure dans le processus en faveur de la mixité dans l’entreprise. In fine, il a pour ambition de les encourager à prendre des mesures incitatives en ce sens.

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Trois des auteurs de cet ouvrage collectif – Marie-Christine Mahéas, ancienne présidente du réseau Professional Women Network (PWN) de 2011 à 2013, Alexandre Jost, fondateur et président de Fabrique Spinoza et Margaret Milan, ancienne présidente du PWN de 2004 à 2007 et fondatrice de Eveil & Jeux – étaient présents aux côtés de trois chefs d’entreprises dont les deux premiers ont contribué à l’ouvrage : Michel Landel, PDG de Sodexo, Gianmarco Monsellato, CEO de Taj et prix Women Empowerment Principles en 2013, et Imad Benmoussa, président de Coca-Cola France.

Marie-Christine Mahéas, qui a coordonné la réalisation de l’ouvrage, ouvre la conférence sur une citation de Nicholas D. Kristof pour illustrer l’importance cruciale du sujet :

In the nineteenth century, the central moral challenge was slavery. In the twentieth century, it was the battle against totalitarianism. We believe that in this century the paramount moral challenge will be the struggle for gender equality around the world.”
Nicholas D. Kristof, Half the Sky: Turning Oppression into Opportunity for Women Worldwide

Elle réaffirme en ce sens la nécessité d’interpeller les dirigeants d’entreprises sur l’enjeu de la mixité : aujourd’hui 85% des postes en top management sont détenus par des hommes. Leur engagement, très inspirant pour l’ensemble des hommes, permettra de démultiplier l’impact recherché.

Le but de cet ouvrage, à travers un “business case” de la mixité, a pour objectif de faire comprendre, en somme, ce que les hommes ont à y gagner.
L’émergence d’un nouvel équilibre hommes/femmes peut par exemple permettre aux hommes de se réaliser autrement que dans l’entreprise. A cet égard, pour Alexandre Jost, la question de la mixité est avant tout “une question de liberté”, la possibilité de pouvoir construire sa vie personnelle et professionnelle délivré du joug des stéréotypes. La question de la mixité nécessite donc une transformation profonde de nos entreprises mais aussi au sein de nos sociétés et ne se résume pas à quelques femmes de plus dans les comités de direction.

Usine Nouvelle, « Les hommes, nouveaux alliés des femmes pour plus de mixité dans l’entreprise »

La force de cet ouvrage réside dans les entretiens avec 12 dirigeants d’entreprises qui se sont non seulement engagés pour promouvoir plus de mixité dans leur entreprise mais qui en ont fait une priorité stratégique.
Ces échanges permettent également de mettre en lumière les meilleures pratiques en faveur de la mixité en entreprises. C’est donc un ouvrage qui ne se résume pas à un simple constat mais qui encourage à l’action. Michel Landel, PDG de Sodexo, rappelle qu’au rythme actuel, il faudrait attendre encore 81 ans avant d’atteindre la mixité, il est donc “urgent de progresser” selon ses mots.

Margaret Milan nous développe ensuite brièvement les trois principaux obstacles qui freinent la participation des hommes au débat.

En premier lieu, l’apathie. La plupart des hommes ne se sentent pas concernés. Puis, l’ignorance. L’ignorance des obstacles auxquels les femmes font face, des stéréotypes qui affectent le recrutement ou l’abandon de bons éléments féminins. Enfin la peur, celle de se saisir de cette question.
Margaret Milan appelle donc à developper une forme d’anti-apathie : « Stop framing gender balance as a women’s issue”. Cette nouvelle perspective implique donc aussi la création et l’usage d’un nouveau langage nécessairement inclusif.

Après cette présentation de l’ouvrage, c’est au tour des trois dirigeants d’entreprises de nous livrer leur insights sur le sujet.
Ils insistent à nouveau sur l’importance de la mixité comme moteur économique. Pour le PDG de Sodexo, la question de la mixité n’est pas seulement une “question d’équité mais aussi de créativité, d’opportunité à innover, de performance”. C’est aussi l’avis d’Imad Benmoussa, président de Coca-Cola France qui l’a définit comme “un moteur clé pour la performance”. Dans le même esprit, selon Gianmarco Monsellato, CEO de Taj, si un leader se doit d’être compétitif sur le marché d’aujourd’hui, il doit alors nécessairement prendre en compte la question de la mixité. Bien qu’à l’AdaWeek, certains d’entre nous regrettent un peu que l’emphase soit mise sur la performance plutôt que sur l’idée plus globale d’une valeur ajoutée au sein de l’entreprise.

Ils reconnaissent également que la question de la mixité dans les entreprises demande une “transformation culturelle profonde” des entreprises, une prise de conscience et d’action de la part des hommes notamment un engagement du plus haut de la hiérarchie nous affirme Michel Landel, PDG de Sodexo, : “la mixité n’est pas une question de femmes […] il est fondamental pour les hommes d’être mis au défi”.

Si l’on parvient à changer les mentalités et les comportements, les hommes représenteront un “facteur d’accélération”, “une partie de la solution et non pas du problème” déclare Imad Benmoussa, président de Coca-Cola France.

On saisit donc le fort caractère inclusif de cet ouvrage qui a le mérite de reconsidérer le sujet de la mixité à travers une nouvelle perspective. En abordant le sujet du point de vue des hommes, ce travail permet aux hommes mais aussi aux femmes de décrypter le langage masculin et de “rééquilibrer un débat trop souvent confiné aux femmes, au politiquement correct ou au respect de lois perçues comme une contrainte de plus” (OCDE).

C’est un livre qui vise à rapprocher hommes et femmes dans l’entreprise et qui reflète la nécessité actuelle de miser davantage sur l’inclusion et la sensibilisation plutôt que de fustiger l’ignorance et le comportement des hommes en entreprises.

Il délivre aussi des clés précieuses en terme d’action : quelles sont les mesures incitatives à mettre en oeuvre en faveur de la mixité en entreprise ?

Margaret Milan insiste sur la nécessité de mesurer et de rendre publique la situation de chaque entreprise en terme de mixité afin de sensibiliser les managers.
Elles peuvent aussi prendre la forme de programmes en faveur de l’empowerement des femmes au sein de l’entreprise à l’instar de l’initiative 5by20 présentée par le président de Coca-Cola France qui vise à assurer l’autonomie économique de 5 millions de femmes entrepreneurs sur l’ensemble de la chaîne de valeur de la marque d’ici 2020. Mais il s’agit aussi de convaincre les hommes à partir d’études de cas précises, à l’appui de chiffres, des bénéfices qu’ils peuvent gagner à s’engager en faveur de la mixité dans leur entreprise.

C’est ce qui fait l’objet de cet ouvrage qui nous semble, dans son approche, être une très bonne initiative !